Le Freedom Tour est passé par Rennes et c'était l'occasion pour moi de tester le Road King Special, une moto concurrente directe de l'Indian Springfield essayée il y a 3 semaines. Les photos se limitent au minimum, n'ayant évidemment pas pu m'arrêter tout seul dans un coin de verdure pour photographier la belle sous tous les angles.

Avant de commencer je tiens à saluer Harley et son Freedom Tour. J'avais déjà testé le Harley Experience Tour il y a quelques années (ancien nom du Freedom Tour), et c'est devenu encore mieux. Aujourd'hui on se balade par petits groupes avec les mêmes catégories de motos (Touring, Softail ou Sportster), limités à 6 motos. La balade dure environ 45 minutes avec une petite pause au milieu si jamais on souhaite échanger sa monture avec celle d'un autre essayeur. A la suite de la balade s'en suit un débriefing où le staff nous demande nos impressions. A aucun moment on nous pousse à aller chercher une offre commerciale ou quoi que ce soit. Pour ma part j'ai clairement dis que je cherchais ma future moto, que le Road King en fait partie, que j'ai aussi essayé une Indian et le staff Harley a su avec moi pauser les différences entre les deux machines sans jamais critiquer la concurrence. Bref ça reste toujours un événement certes marketing, mais où la passion pour la moto prime sur tout le reste, qu'on soit simplement curieux ou potentiel acheteur. Pour ça, bravo Harley !

Bon revenons-en au fameux Road King Special. La moto est équipée du moteur M8 cubant 114 ci, soit 1868 cm3. Sa concurrente directe chez Indian est la Springfield Dark Horse 2020 (celle équipée du guidon Ape Hanger) qui dispose du moteur en 116 ci, soit 1890 cm3. Pour ma part, j'avais essayé le modèle 2019 en 111 ci et équipée d'un guidon classique, ce qui me conforte dans l'idée que je préfère les guidons classiques plutôt que les Ape Hanger, que ce soit au niveau du look ou de la position. Sur le Road King, j'avais les mains à peu près au niveau des épaules, et j'avais tendance à avoir des petits fourmillements au niveau des mains. Alors certes le Ape peut se régler, mais j'ai quand même préféré le guidon bas. 

Harley Road King Special 2020

Pour la partie mécanique, honnêtement on se fiche un peu de qui est la plus performante, ce n'est pas franchement le sujet sur ce type de machine. J'appréhendais toutefois les 4 soupapes par cylindre du nouveau moteur Harley, craignant que les régimes usuels ne montent d'un cran. Que nenni ! Tout comme le moteur précédent, le Twin Cam en 103 ci, ça reprend à l'aise à 1500 tours avec du gros couple en bas du compte tour. Honnêtement, niveau agrément, moteur typé tracteur et tout ça, l'Indian et la Harley se valent. La différence se trouve au niveau du volupté dirons-nous. Là où l'Indian se veut plus ronde, la Harley se veut plus rugueuse. C'est un truc difficile à expliquer en fait, la sensation vient peut être du moteur Harley plus tapant, plus expressif au niveau de ses pistons, mais aussi au niveau du bruit, plus sec et moins caverneux. Le bruit du Road King est également plus marqué à la décélération. Mais que ce soit l'une ou l'autre, on prend clairement son pied et les sensations sont bien là en bon cruiser américain qui se respecte. Franchement niveau motorisation, j'ai pu discerner ces nuances, mais je suis incapable de dire où va ma préférence.

Côté partie cycle, le Road King fait bel est bien partie de la gamme Touring. Les suspensions sont confortables sans être particulièrement souples et tout comme pour l'Indian, on sent bien le touché de la route. Ne pensez donc pas vous retrouver sur un canapé où tout sera absorbé, ce n'est pas le cas (et tant mieux pour la conduite). A noter la selle particulièrement confortable et bien creusée. On se cale au fond avec le bas du dos maintenu et le popotin choyé. J'ai bien senti que faire un Road Trip sur cette machine ne serait pas un problème à partir du moment où l'on prend les petites routes car rappelons le : ici pas de Fairing comme sur un Street Glide, on s'en prend plein la tronche et le petit bout de voie rapide à 110 qu'on a pris n'est pas franchement son truc.

Mais au final ce qui pourrait limite l'avalage de kilomètres pour moi sur cette moto, c'est son levier d'embrayage hydraulique assez dur. C'est déjà le cas sur ma Guzzi et après quelques heures de conduite, ça devient difficile pour mon poignet. Pour ça, l'embrayage par câble de l'Indian était nettement plus souple et se faisait oublier.

Compteur Harley Road King Special 2020

Côté finition et équipement, le Road King est notamment équipé d'un Traction Control déconnectable, ce que n'a pas l'Indian. Mais l'Indian "compense" par ses 3 modes de conduite. Pour le reste, ça se ressemble : régulateur de vitesse, démarrage sans clé. C'est moderne, mais pas spécialement hyper techno.

J'avais pointé du doigt le compteur à cristaux liquide un peu cheap sur L'indian. Et bien Le Road King est pire : les infos sont affichée sur un minuscule écran à cristaux liquide digne du début des années 2000. Bon au moins il y a l'essentiel et on fait défiler les informations depuis le commodo. Un détail qui fâche : le clignotant gauche sur le commodo gauche, le clignotant droit sur le commodo droit. Harley propose ça depuis des lustres, et actionner le clignotant droit tout en maintenant son filet de gaz, c'est une vraie galère, en particulier dans les rond-points. Il parait qu'on s'y habitue mais côté ergonomie les commodos classiques à la japonaise sont au dessus à mon sens. 

Un autre détail qui fâche : j'avais relevé sur L'Indian un bout de faisceau un peu trop apparent sur le devant du moteur. Ben c'est rien comparé au bordel bien visible situé à l'arrière du moteur du Road King. Sur la photo ci-dessous, ce n'est peut être pas hyper parlant, mais clairement ça saute au yeux avec plusieurs fils qui se baladent et j'ai cru au départ qu'il manquait un cache sur la moto. En regardant sur les autres modèle touring de la marque, c'est la même chose. Dommage sur des machines à ce prix.

Finition Harley Road King Special 2020

Bon je vous rassure tout ça n'a rien de rédhibitoire eu égard des qualités de la moto.

Au final, je vais vous dire vers quelle moto la balance penche pour mon prochain achat : l'Indian. La Road King est une super moto, tout comme l'Indian. Clairement on ne peux pas d être déçu en choisissant l'une ou l'autre. Mais ce qui fait pencher  la balance, c'est que je me suis senti moins à l'aise sur le Road King car j'avais le sentiment d'être un peu recroquevillé sur moi même à cause d'une assise peut être plus basse et des jambes un peu plus relevées. J'ai l'impression d'avoir plus d'espace sur la Springfield et ça fait clairement la différence. Pour info, je mesure 1m84, je pense que les petits gabarits seront particulièrement à l'aise sur le Road King.

Alors ce n'est pas le seul élément qui fait pencher la balance : j'aime la marque Indian pour son côté plus exotique et la communauté moins typée biker qui gravite autour. La communauté Harley est à la fois une force et une faiblesse pour la marque et on voit très bien qu'ils essaient comme il peuvent d'attirer de nouveaux clients depuis quelques années, mais que ce n'est pas évident du tout.

En tout cas mon conseil pour choisir l'une ou l'autre, c'est d'essayer les deux pour découvrir les subtilités de chaque marque car les nuances sont là, mais très subjectives à ce niveau de gamme.

Valises Harley Road King Special 2020