Moto-Addict : essais moto, équipement, actus, histoires

Introduction

Bon, je vais essayer d’être objectif sur cette machine passionnante qu’est l’Aprilia RSV, modèle 2001-2003.
Tout d’abord, oui c’est Italien, mais oui, cette machine est fiable, ne coûte pas plus cher en entretient qu’une japonaise équivalente et ne souffre pas de tares de conception mis à part une faiblesse au niveau de la roue libre de démarreur (il faut donc veiller à ce que la batterie soit toujours en forme pour lancer les deux grosses gamelles).
Trop souvent décrié, la marque pâtît de ses productions en petites cylindrées (RS 125, RS 250) fragiles, puisque ce sont des machines de courses homologuées sur route.

 

Tour de la bête 

Mais revenons à nos moutons. Esthétiquement, la machine est équilibrée et fine si on l’a compare à la concurrence de 2001 et conviendra parfaitement aux plus d’1 mètre 70. Cette moto est étonnamment confortable en duo (ou ma femme est fétichiste et je ne le sais pas  ) grâce à une selle droite, épaisse et relativement large… C’est sur, les « culs en chips » trouveront à redire mais le duo est tout a fait envisageable sur longs trajets.


Mais ça, petit coquin tu t’en fou, toi tu veux savoir si ça marche, si ça pousse velu, si tu vas catapulter du sushi… J’y viens j’y viens, impatient va !
Contact. 
Le tableau de bord est complet : compte tour analogique au centre (typique Aprilia), température d’eau, heure, voltage batterie, vitesse moyenne, vitesse maxi, shift light, témoin de réserve et de béquille, bref c’est complet. 
Le bicylindre s’ébroue dans un coup de tonnerre intense… Rien qu’au ralentit ça pause les bases avec un échappement digne de ce nom (Akrapovic, RSV titanium evo...).
Je me rappellerais toujours mon premier essai d’un RSV-R 02’. Un mécano genre « Joe bar team » m’installait une batterie pendant que ses collègues remontaient un R1 et s’amusaient à faire des ruptures dans l’atelier d’un air narquois devant un malchanceux possesseur de fjr avec un moteur dans le sac à 30.000km. 
Quand la « Twingo » s’est réveillé après son long sommeil dans un claquement caverneux, les deux tarlouzes sont retournés à leurs tournevis  !!! On aurait dit des coups de tonnerre !!! Trop bon !!!

Bras oscillant Aprilia RSV 1000

Le son

Le RSV c’est d’abord ça, le son. Les 5 premiers kilomètres, tu as l’impression qu’un groupe de Bikers te collent aux trains, rassure toi, ce n’est que le bruit de ton échappement pas homologué. Pas la peine d’espérer rouler sur un filet de gaz façon 4 cylindres, ce bi tire bien trop long pour son homologation. 
Les bicylindres tirent trop long en général pour passer les normes de bruit ; en abaissant le régime de 500 tours, miracle, l’échappement qui fait pourtant un gros bordel, passe aux normes.
D’origine c’est du 17 dents au pignon de sortie de boite. La, point de salut pour ce bi, inexploitable sous 4000 tours, mou en relance, de même la bride à l’italienne en 106 chevaux (qui a dit à la manouche) rends la moto pas terrible

 

Le moteur

Maintenant que tu baves d’impatience passons au vrai essai avec une machine full en 15 dents avec l’échappement qui va bien :
Le bi reprends dès 2500 tours avec force jusqu'à 5500 tours ou l’on est sur le « gras » du couple. Ca pousse, c’est sonore, la moindre rotation de la poignée dans cette zone vous arrache avec force des courbes. De 5500 à 6000 tours la moto marque un tant de pose (qui peut être gommé avec la pupuce qui va bien) avant LE coup de pied au cul et la j’annonce gros dossier ! 
Ma douce moitiée, pourtant passagère d’une r1 07’ et qui aime rouler à 300km/h, n’a jamais ressentit une telle poussée à lui décoller les mains du réservoir ; c’est du brutal un peu dans le genre d’une MV Brutale 1078 rr.
Certains se sont retournés en tentant un « wheel », on a l’impression que les 130 chevaux se sont donnés tous rencart à 6500 tours pour une fête du slip d’anthologie jusqu’au 10500 tours (voir 11000 avec un akra…) du rupteur.
A 7000 tours les accélérations délestent la roue avant jusqu’en 3.
On se prend au jeu de ce moteur que l’on apprivoise et qui donne des sensations à des vitesses pas si rapides que ça en référence une bourre avec un CBR repsol me disant être à 260 alors que je l’ai doublé (à deux lol) à 233 km/h compteur. (PS : faire attention aux compteurs japonais mais j’ai rien dit lol).
Le moteur est donc un monument, fiable (j’en ai vu avec 100.000 km) mais il faut prendre du temps pour le dompter et on va voir qu’il en est de même pour la partie cycle.

Aprilia RSV 1000 profil gauche

La partie cycle

Et quelle partie cycle. Au premier virage on se dit que ça ne tourne pas et qu’on va se mettre au tas MAIS, comme toute italienne qui se respecte, le RSV est un bout de bois rigide qui demande à être piloté avec le corps et les appuis. La moto est stable, c’est une régalade à l’attaque et on peux la rendre hyper directionnelle (si l’on pilote tout seul, en baissant l’avant, parce qu’a deux on perd l’avant si celui-ci est trop bas).
D’origine, pour les versions de bases l’amortisseur « Sachs » est très convaincant mais on peut s’orienter vers une version « R » ou « Factory » pour bénéficier du tout « Ohlins » et des pièces carbones…

Freinage Aprilia RSV 1000

Conclusion

Cette moto est une vraie machine d’exception que l’on apprivoise avec le temps. Ce n’est pas une sportive pour taper un chrono mais pour revenir d’une balade avec le sourire, emmener sa chérie au superbike, se faire plaisir en courbe et en accélérations, avec le grondement de tracteur tondeuse qui va bien, faire des économies de plaquettes de freins aux vues du frein moteur qui casse les…
Bref, c’est moins joli mais moins cher qu’un Ducat’ c’est moins rapide mais plus sensationnel et aussi fiable qu’une japonaise, c’est une bonne machine avec ses défauts :
Un moteur caractériel, un physique de Rugbyman pour en tirer la quintessence en pilotage rapide, des décos d’origines un peu « Star wars » et surtout un S.A.V très lent, mais elle saura vous rendre accroc en conducteur/conductrice ou passagère/passager si c’est votre truc !

Pratique

Autonomie : 200 km
Vitesse max : (17dents) 288km/h (gps)
(15 dents) 258km/h (gps)
Fréquence des révisions : 7500 km
Coût révision moyenne : 300-350 €
Prix de la casse : cher mon fils
Coût d’assurance : 760 € tout risque avec 0,90 dans un bled perdu

Aprilia RSV 1000 2001-2003

Compteur Aprilia RSV 1000

Aprilia RSV 1000 vue de face

Essai rédigé par Rsvbroooarrr

Aucun commentaire

Laissez votre commentaire

En réponse à Some User